L'arme nucléaire est une arme de destruction massive, qui jadis fascinait les grands de ce monde à l’instar des princes macédoniens et des rois grecs qui rêvaient de posséder une puissance de feu dans la cheville ouvrière devrait être l’atome. Elle utilise l'énergie de l'atome, produite soit par la fission d'atomes lourds (uranium, plutonium dans le cas des bombes A), soit par la fusion d'atomes légers (hydrogène dans le cas des bombes H).

Ses effets destructifs sont non seulement dus au souffle et à l'augmentation de la température, comme pour les explosifs classiques, mais aussi aux rayonnements. L'énergie libérée par l'explosion s'exprime par équivalence avec celle dégagée par une tonne de TNT et on parle de Kt (kilotonnes) ou Mt (mégatonnes).

Les physiciens commencent à envisager l'emploi de l'énergie atomique et de la bombe atomique dans les années 1930 :

L'arrivée au pouvoir de Hitler en Allemagne déclenche une fuite des cerveaux immédiate dès 1933, y compris des savants de confession juive qui contribuèrent ensuite de façon décisive aux filières française et britannique ; la bombe allemande ne vit jamais le jour malgré les travaux de l'institut de chimie Kaiser-Wilheim de Berlin pendant la guerre.

Les découvertes et travaux effectués au Collège de France par Frédéric et Irène Joliot-Curie, Hans Halban et Lew Kowarski en 1939 et 1940 sont significatifs. Des communications sont faites et des brevets pris à cette époque.
Un de ces brevets porte sur les Perfectionnements aux charges explosives, « brevet d'invention n° 971-324, demandé le
4 mai 1939 à 15 h 35 min à Paris ».

La commission MAUD britannique est lancée pendant la drôle de guerre et récupère les résultats de la filière française après la débâcle de mai 1940.

L'histoire de la bombe atomique commence par une lettre signée par Albert Einstein (qui était pourtant pacifiste), adressée au Président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt. Dans cette lettre, datée du 2 août 1939, Einstein ainsi que d'autres physiciens expliquent à Roosevelt que l'Allemagne nazie effectue des recherches sur la fission nucléaire et ses applications possibles dans le domaine militaire, comme la création d'une bombe atomique. Einstein explique que cette bombe est capable de libérer une énergie si colossale qu'elle pourrait détruire une ville entière.

Le 14 août 1940, le Comité consultatif pour l'uranium, un organisme fédéral créé par Roosevelt, après avoir pris connaissance de la lettre, demande dans un mémorandum la création d'un projet de recherche sur le thème de la fission nucléaire et sur ses applications militaires. Une somme de 100 000 dollars est débloquée.

La première étape consiste en l'enrichissement de l'uranium naturel en uranium 235 fissile, c'est-à-dire que son atome peut se casser et produire une réaction de fission nucléaire. Durant cette étape de recherche, un second élément fissile est découvert, le plutonium.

Alors que jusque là, le projet avait uniquement un but expérimental, avec pour objectif de valider la réalisation d'une bombe atomique, il est décidé en 1943, au vu des résultats, de passer au stade du développement. Le Projet Manhattan vient de voir le jour.

Des milliers de chercheurs, mis au secret, vont développer cette arme. Plusieurs laboratoires sont construits un peu partout aux États-Unis, comme dans le Tennessee, à Washington et enfin le plus célèbre, le LANL de Los Alamos au Nouveau-Mexique en mars 1943.

Le Laboratoire national de Los Alamos (LANL) est dirigé par le physicien Robert Oppenheimer, il sera entouré par une brillante équipe de physiciens, parmi lesquels quatre prix Nobel de physique (Niels Bohr, James Chadwick, Enrico Fermi et Isidor Isaac Rabi). Durant 2 ans, ils vont surmonter un grand nombre de problèmes techniques, aidés par un budget de deux milliards de dollars. Ils développent les deux filières, uranium et plutonium en parallèle. Au début de juillet 1945, s'ils disposent de bombes opérationnelles dans chacune des filières, ils ont encore un doute sur la bombe au plutonium. Ils décident donc que le 1er test portera sur cette technologie.

Dans la matinée du 6 août de la même année, le président Harry Truman, qui a succédé à Franklin Roosevelt décédé le 12 avril, donne l'ordre de larguer une bombe atomique sur un objectif civil, la ville d'Hiroshima, avec pour objectif de faire capituler le Japon.

Même aujourd'hui, les raisons de cette décision sont loin d'être parfaitement connues. Il faut en effet se rappeler que le projet Manhattan visait initialement l'Allemagne et non pas le Japon. L'explication officielle soutient que la capitulation du Japon fut ainsi réalisée en évitant de lourdes pertes américaines. Pour d'autres, c'est l'imminence de la déclaration de guerre de l'URSS au Japon prévue lors des accords de Yalta trois mois après la capitulation de l'Allemagne (soit au 8 août 1945), qui est le facteur déterminant ; avec leur nouvelle puissance nucléaire, les USA n'avaient plus besoin de composer avec un allié encombrant pour finir ce conflit et en partager les profits (zones d'influence, bases militaires,...).

Cette bombe fut surnommée par l'armée américaine Little Boy (« Petit Garçon »), du fait de sa petite taille. La bombe A à l'uranium enrichi (de type revolver) détona en expulsant une énergie équivalente à environ 15 kt de TNT et tua environ 140 000 personnes instantanément. Cinq ans plus tard, 100 000 personnes supplémentaires étaient mortes des effets à moyen terme.

Le 9 août, 3 jours plus tard, Truman donne l'ordre de larguer une seconde bombe sur la ville de Kokura (actuellement Kitakyushu). Celle-ci étant recouverte par des nuages, c'est Nagasaki qui est alors visée : lors d'une éclaircie, le bombardier confond les usines Mitsubishi sur les quais du port avec la cathédrale chrétienne. Cette bombe A au Plutonium de 22kt, surnommée Fat Man (« Gros Bonhomme »), tue instantanément 38 000 habitants malgré la topologie vallonnée de la région qui en réduit les effets. En tout on dénombre 75 000 habitants (dont 13 000 Coréens et 200 prisonniers de guerre alliés) qui sont touchés et mourront des conséquences de cette explosion.

Les deux bombes ont explosé à environ

500 mètres

d'altitude afin de maximiser leurs effets qui étaient alors mal connus, le secret entourant les recherches sur cette arme ayant interdit toute expérimentation en situation réelle.

Le 15 août, le Japon accepte la capitulation sans conditions, l'Acte de la reddition du Japon est signé le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé "Missouri", ce qui met fin à

la Seconde Guerre mondiale (après la déclaration de guerre soviétique au Japon le 8 août 1945).

La fin de

la Seconde

guerre mondiale et la connaissance de la puissance destructrice de la bombe atomique ont poussé plusieurs gouvernements à vouloir acquérir, comme les États-Unis, l'arme nucléaire.

C'est ainsi que rapidement, l'Union soviétique a conçu une bombe A et l'a testé le 29 août 1949. Elle est suivie le 3 octobre 1952 par le Royaume-Uni.

Le 1er novembre 1952, les États-Unis déclenchent l'explosion de la première bombe H, une bombe cent fois plus puissante qu'une bombe A. Le premier essai soviétique de la bombe H a lieu le 12 août 1953 et le 15 mai 1957 pour le Royaume-Uni. Suivront alors les premières bombes A de la France en 1960, la Chine en 1964 et l'Inde en 1974.

Cette rapide prolifération nucléaire, avec les tentatives parfois réussies, de nombreux pays comme l'Afrique du Sud ou Israël, a poussé les responsables politiques à limiter l'accession aux connaissances nécessaires pour réaliser une telle arme. C'est dans ce cadre que furent ratifiés des traités comme le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), en 1968.

La dissuasion nucléaire :

Avec le début de

la Guerre froide et l'accession rapide de l'Union soviétique à la force nucléaire, les deux superpuissances sont entrées dans ce que l'on appelle « dissuasion nucléaire » ou équilibre de la terreur.

Cette notion consiste en la peur, dans les deux camps, de l'utilisation par l'autre de l'arme nucléaire. Si c'était le cas, l'agressé répliquerait avec les mêmes armes et, en raison de la puissance et des effets des armes nucléaires, chacun pourrait être totalement détruit ou au moins subir des dégâts très importants, si bien que les avantages d'être l'agresseur sont quasi nuls. La stabilité de cette configuration, où deux adversaires se dissuadent ainsi mutuellement, dépend avant tout de la capacité de l’agresser à frapper nucléairement l'autre après avoir subi une première frappe atomique. C'est ce que l'on appelle la capacité de seconde frappe, élément moteur de la course aux armements qui a opposé les deux superpuissances durant

la Guerre

froide.

Du fait de leur exceptionnel pouvoir létal en une seule frappe, les armes nucléaires apparaissent aujourd'hui avant tout être des armes de pression politique, même si l'emploi limité d'arme nucléaire de faible puissance en milieu confiné est parfois envisagé, par exemple aux États-Unis avec les mini-nuke, pour détruire des cibles-clés enterrées à grande profondeur. Cette primauté accordée à l'usage dissuasif de l'arme nucléaire n'est cependant pas universelle : Celle-ci est apparue progressivement mais rapidement aux États-Unis, mais ne faisait pas partie du corpus doctrinal officiel de l'URSS. Toutefois la dissuasion mutuelle pesait sur les relations entre les deux pays, comme semblent en témoigner les résolutions "pacifiques" des crises qui ont ponctué

la Guerre

froide.

Les accords Strategic Arms Limitation Talks (SALT), signés par les États-Unis et l'Union soviétique en 1972 et 1979, fixaient aux armes stratégiques offensives des plafonds supérieurs aux niveaux que celles-ci avaient atteints : ils autorisaient donc leur développement, mais limité.

Les accords Strategic Arms Reduction Treaty (START), en 1991 et 1993, imposaient, eux, une véritable réduction des arsenaux de chacun des deux pays, de 13 000 ogives à 3 500 pour chacune des parties.

Depuis 1945, année où la première bombe explosa au Nouveau-Mexique aux États-Unis, plusieurs pays ont tenté de maîtriser la conception d'une telle arme.

Cinq pays sont juridiquement reconnus comme « états dotés de l'arme nucléaire » par le TNP, voici leur arsenal en 2005 :

La Russie : 8 200 têtes actives (environ 10 000 en réserve ou en attente d'assemblage) ;

Les États-Unis : 7 650 têtes actives (environ 3 000 en réserve ou en attente d'assemblage) ;

La Chine : 400 têtes actives ;

La France : aucune donnée publique n'est disponible, mais plusieurs sources indiquent [1] environ 350 têtes actives ;

La Grande-Bretagne : 200 têtes actives.

Les politologues les désignent par le terme de « club nucléaire ». Ces pays sont aussi exactement ceux qui sont membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies.

Deux pays, non signataires du TNP, disposent de l'arme nucléaire :

l'Inde : 30 à 40 têtes actives ; a réalisé le 18 mai 1974 son premier essai nucléaire, officiellement à but pacifique. Le 11 mai 1998, elle réalise son premier essai militaire.

le Pakistan : 24 à 48 têtes actives ; a réalisé quelques jours après l'Inde, le 28 mai 1998, son premier essai nucléaire.

Israël, qui est également non signataires du TNP, disposerait d'armes nucléaire. Les services de renseignement des États-Unis estiment l'arsenal nucléaire à 82 têtes. Selon un ancien technicien de

la Centrale nucléaire de Dimona, Mordechaï Vanunu, Israël disposerait de plus de 200 bombes atomiques. Cette déclaration lui a valut une condamnation pour espionnage et trahison et une peine de prison de 18 ans. Selon certaines sources, Israël aurait procédé, avec l'aide de l'Afrique du sud, à un essai sous-marin dans l'Océan Indien le 22 septembre 1979 (voir l'article Incident Vela).

La Corée du Nord est le seul pays qui a ratifié le TNP, tout en ayant acquis l'arme nucléaire. Le nombre de têtes est estimé de 1 à 2, voire jusqu'à 6 têtes actives en juillet 2005 selon l'AIEA (Source : Yahoo actualités [1]).

La Corée

du Nord a procédé à un essai nucléaire le 9 octobre 2006.

L'Iran qui essaye depuis plusieurs années de se procurer l'énergie atomique à des fins, officiellement, civile. Cependant plusieurs membres de la communauté internationale pensent que ce programme peut être utilisé pour développer l'arme nucléaire, notamment depuis la découverte de l'installation de recherche de Natanz en août 2002, qui n'avait pas été déclarée à l'AIEA. Une troïka européenne (composée de l'Allemagne, la France et le Royaume-Uni) s'est formée et tente de pousser l'Iran à accepter un contrôle strict de son programme civil par les experts de l'AIEA. Israël et les États-Unis pour leur part laissent planer le déclenchement de représailles militaires si l'existence d'un programme militaire venait à être confirmée. Au début du mois de janvier

2006, l

'Europe et les États-Unis se sont mis d'accord pour présenter l'affaire devant le Conseil de sécurité de l'ONU. D'après certains experts, l'Iran pourrait être en possession de sa première arme nucléaire dès 2008.

Les différents types de Bombes :

bombebombe_2

Les armes nucléaires sont de deux types :

les armes à fission ou « bombes A » : elles utilisent une masse critique d'uranium enrichi ou de plutonium, réunie par l'implosion d'un explosif classique.

les armes à fusion ou bombes thermonucléaires ou « bombes H ». Les conditions de température et de pression nécessaires à la réaction de fusion d'isotopes d'hydrogène (deutérium et tritium) sont obtenues par l'explosion d'une « amorce » constituée par une bombe à fission au plutonium.

La bombe à neutrons est une variante de bombe thermonucléaire.

Les puissances des bombes nucléaires vont du kilotonne à la mégatonne d'équivalent TNT. Une explosion nucléaire provoque à la fois un effet de souffle, un effet thermique et des radiations.

On distingue :

l'arme nucléaire stratégique, instrument de la doctrine de dissuasion nucléaire ou de «non-emploi», destinée à prévenir un conflit,

de l'arme nucléaire tactique, ou de bataille, susceptible d'être employée sur des objectifs militaires au cours d'un conflit. La précision des vecteurs aidant, ce type d'arme a conduit à la miniaturisation et aux faibles puissances (mini-nuke dans le jargon journalistique américain).

La France

a renoncé aux armes nucléaires tactiques.

Des utilisations civiles des armes nucléaires ont été envisagées (creusement de cavités pour le stockage de gaz notamment) mais jamais mises en œuvre.

Une tête nucléaire opérationnelle est associée à un vecteur, chargée de l'amener sur la cible. Ces vecteurs sont des missiles tirés à partir de plateformes aériennes (avions de combat), sous-marines ou terrestres (fixes ou mobiles), des bombes larguées par avion, ou encore des obus d'artillerie.

Les effets d’une Bombe atomique :

Les aspects particuliers de la bombe comme sa puissance et sa matière explosive la distinguent des explosifs traditionnels. Plusieurs effets la rendent bien plus dangereuse que les bombes développées jusqu'alors. On distingue généralement quatre grands effets (le souffle, la chaleur, l'impulsion électromagnétique et les radiations). Utilisées en grand nombre, les bombes atomiques peuvent également avoir un effet sur le climat global de la Terre.

A quand une arme pareille en Afrique ?