Cher Monsieur Domenech

             - Permettez-moi avant de commencer, de vous tutoyer car le tutoiement est le meilleur moyen de ne pas mettre des limites dans une conversation . -                                                                                                                 Je  voudrais te dire qu'il n'existe pas de postes, de fonctions, fussent-ils les plus pervers, qui n'aient strictement été soumis aux critiques. Aujourd'hui voilà que le triste vieux monde du football s'acharne contre toi, en foulant aux pieds ton honneur, sous prétexte ; et à cause de toi le rêve des footeux s'est envolé en cette coupe du monde. D 'ici comme ailleurs, l'on ne cesse de te tirer le tapis comme si le seul fautif, c'est toi. La bien pensante presse s'enflamme à l'idée que tout est à jeter dans l'héritage de tes prédécesseurs et , depuis ton accession au poste de sélectionneur de l'équipe de France de football, aucune victoire digne, aucun trophée ne peut être mis à ton actif. Tout n'est que ruines fumantes dans ton bilan.

    Mais allons plus loin, mon cher Domenech : Quoi que feigne de dire tes détracteurs, j'apprécie enormément tes qualités d'homme ; ce qui n'est pas mal déjà. Mais l'envie de t'écrire cette lettre ouverte résulte du fait que tu passes aux yeux d'une grande partie de l'opinion pour un tyranneau narcissique et caractériel. J'en conviens bien !                                         D'aucuns diraient même plus : A tort ou à raison, tu n'as pas le sens de la fonction que t'as exercé - puisque ton mandat s'achève là, ce jour de ton dernier match avec l'Afrique du sud. En sus, t'as un côté galopin qui fait philosophe, illuminé mais qui ne rend vraiment pas compte de l'importance de la chose. D'autres par ailleurs soulignent d'un phénomène bien plus profond , qui est l'insuffisance de la communication et du management. Ce sont des démarches très importantes que t'as botté en l'air , préférant les mettre sur le banc des réserves. Cette façon de lire le foot et d'entraîner les joueurs ne relève que de toi, Domenech. Comme s'empresse de dire si bien Franck Poaty, mon ami " Domenech ne fait que de Domenech ".

    Cher Domenech, le point d'orgue de ton divorce avec les français remonte le 07 juin 2008, alors que la France s'est fait éliminée par l'Italie ( 2-0 ) pendant les championnats d'Europe, toi, tu oses devant des millions de téléspectateurs demander la main de ta campagne . Cet acte, nous l'avons trouvé incongru, incohérent, mal venu. Et pour autant dans ces moments là le seul  objectif qui valait était  de réconcilier le monde du football avec l'Equipe de France. Encore une occasion de dire que ta communication n'était pas bonne. Patrick Besson, Chroniqueur Du Point ( n°1970/du 17 juin 2010 )  parlant de toi a écrit " Domenech est le protagoniste parfait pour la folie du commentaire fooballistique qui s'est emparée de nos médias. A chacune de ses prestations devant la presse surexcitée, il sait se montrer allusif, intrigant, mystique, provocateur, sarcastique, sombre, lent, énigmatique. Il n'emploie pas beaucoup de mots, mais c'est avec circonspection. Il sait allonger les hésitations, multiplier les interrogations. "

        Cher Domenech, je ne te hais point.

  Pour terminer cette lettre, je voudrais partager avec toi cette chanson écrite par Richard Rodgers et Oscar Hammerstein II , devenue l'hymne et la  devise du club anglais  de Liverpool " you'll never walk alone " c'est-à-dire, Tu ne marcheras jamais seul !

           "     Quand tu marches sous une tempête,
                 Garde la tête haute,
                Et n'aie pas peur de l'obscurité ;
                A la fin de l'orage il y a un ciel doré
                 Et le doux chant argenté d'une alouette.
Marche contre le vent,
Marche contre la pluie,
Bien que tes rêves soient maltraités et soufflés.
                          Continue de marcher, avec l'espoir dans ton cœur,
                           Et tu ne marcheras jamais seul,
                           Tu ne marcheras plus jamais seul.
Marche, marche avec l'espoir dans ton cœur,
Et tu ne marcheras jamais seul,
Tu ne marcheras plus jamais seul. "

               Fridolin Delmach MAKOSSO

Ma réponse.

cher ami, je n'ai point hésité quand cette étrange envie de partager ton texte aux autres s'emparait de moi, il m'a paru utile soudainement de le publier sur mon blog.

la vérité, oh que j'aime cette phrase, c'est que l'incompétence de Raymond ne saurait être réfutée, mais la bêtise, pour ne point dire l'irresponsabilité,  qui s'emparait des leaders de la FFF au lendemain de la débâcle des bleus en 2008 à l'Euro, me semble être le point de départ de cet engrenage annoncé qui, couvait déjà sous le bus avant Knysna, c'est ce qui m'a le plus décontenancé. J'aurais aimé voir tout le monde être débarqué, le staff dirigeant de la fédération française, mais en bons acteurs, ils se sont mués en victimes. Pourtant j'aurais aimé voir Escalettes et les autres exclus de la fédération.Mais à quoi bon? Quand Sarkozy s'en mêle, la caque sentait déjà le roussi, un poisson pourri peut-il remplacer un autre? Sarkozy a accouru comme à sa vieille habitude, grandiloquence ne rime pas avec efficacité, mais le héros de Mars 2007 avait semble t-il oublié que lorsque la barque sombrait en 2008, il aurait fallu qu'il convoque la fédé pour des explications, pour une mise au point, mais à l'époque on se bornait à interpréter les faits comme une erreur de parcours, oublions que la messe était déjà dite, jusqu'à cette main, salvatrice? divine? maudite? de Thierry Henry, avant que les questions raciales, religieuses et ethniques ne fusent et fassent leur entrée dans le débat sportif, La FRance avait déjà pris le dernier train pour l'enfer.Mais la vraie question devait être celle de la compétence, et de déterminer les responsabilités au haut niveau, et non s'attaquer aux origines des joueurs, comme si une débâcle n'avait de sens que lorsque un député connu parlait de couleur et de religion sur l'équipe de France. Il est temps que la France se réssaisisse, car à chaque fois, on trouve toujours les coupables, les roms maintenant, quand on ne peut résorber la misère et les déboîres de ses concitoyens, on vilipende les étrangers, faisant d'eux des boucs émissaires. Il faut miser sur le résultat, une bonne organisation, sinon Laurent Blanc risque de se transformer en tête de turc pour l'opinion publique nationale.

A bon entendeur, salut.

RAVEL THOMBET