Cette famille fera toujours rêver l’Amérique, des frères aux destins croisés et particuliers, devenus des mythes, logés au panthéon de la gloire. Eux qui ne voulaient que changer le monde, et vivre dans une société sans ségrégation, et où tous les hommes seraient égaux. IL était le dernier des frères Kennedy, l’enfant le plus turbulent du clan, normalement Ted Kennedy n’aurait jamais dû avoir un destin national. Seule la mort de ses aînés le précipite dans la course au graal suprême, mais un fait divers tragique le contraint à y renoncer peu après. Uncle Ted, puissant sénateur du Massachusetts, sera un parlementaire hors pair, totalement dédié à la défense des plus faibles. Ce sera également un formidable soutien de famille pour les enfants de ses frères défunts, Joe Jr, Bob et John. Puissant allié de Barack Obama, il n’aura malheureusement pas eu le temps de voir aboutir l’œuvre de sa vie, la loi sur l’assurance santé pour tous. Le Mardi 25 août 2009, à l’age de 77 ans, le lion du capitole succombait à une tumeur contre laquelle il s’était battu durant un an. Pourquoi ce puissant désir de m’épancher sur le parcours de cet homme atypique, hors pair et pas comme les autres ? Cet homme qui, a révolutionné les mœurs en Amérique, mais aussi dans le monde, c’est cette quête incessante d’immortaliser des légendes dans la mémoire collective. Parce que des hommes comme les Kennedy, Mandela, Steve Biko, Abraham Lincoln ou encore Jean Paul II,… resteront des mythes. Des neuf enfants de la fratrie, il est le petit dernier, comme ses aînés, il a grandi en s’entendant dire qu’un Kennedy se devait d’être le premier, toujours. Mais il est, lui le quatrième des garçons. Il a poussé dans la triple ombre de Joe Jr, tué pendant la seconde guerre mondiale en 1944, de Robert ou Bob assassiné en 1968 et de John le président tué en 1963. Difficile de se hisser à leur hauteur. Ted entre, comme il se doit à Harvard, mais se fait renvoyer pour avoir triché à un examen. Réintégré après deux années à l’armée, il en sort diplômé en histoire et sciences politiques, et se met très vite au service de John, mais s’il admire ses deux grands frères, leur brio et leur intelligence tactique, eux lui envient sa fantastique énergie vitale et son sens du contact. A eux trois, ce triptyque légendaire, ces mousquetaires de l’Amérique veulent faire des grandes choses. Le destin s’échinera à contrecarrer leurs plans, mais ses coups répétés n’empêcheront pas les frères Kennedy d’engager des changements fondamentaux pour leur pays. « Je suis entré en politique, disait John, parce que Joe est mort, s’il m’arrive quelque chose, Bob prendra ma place. S’il lui arrive quelque chose, Ted reprendra le flambeau. » C’était une manière d’expliquer que les Kennedy s’estimaient collectivement investis du devoir de diriger leur pays pour le transformer. C’est devenu une terrible prophétie. JFK assassiné, Bobby devient le chef de famille autant que l’héritier politique de son frère. Ted gagne en poids politique en devenant le champion des droits civiques. Quand Bobby tombe à son tour, le benjamin devient, à 36 ans, le patriarche. Un temps dira t-il, la peur d’être à son tour la victime des tueurs l’a tenaillé. Son désir d’agir, sa soif d’idéalisme et l’honneur de son nom ont fini par la vaincre. Pour les 32 petits-enfants et 62 arrière-petits-enfants de Rose et Joe Kennedy, Uncle Ted est plus que jamais le ciment indispensable, une figure paternelle. Il est le seul des frères Kennedy à avoir vraiment élevé ses enfants. Après les attentats du 11 septembre, le sénateur du Massachusetts téléphonera personnellement à 125 familles des victimes des terroristes. Le combat que Ted Kennedy a mené au cours de sa vie ne fut pas celui en faveur de la richesse, du pouvoir ou des relations. Son combat fut d’être une voix pour ceux qui n’étaient pas entendus. Dans son éloge au défunt, le premier président noir des états unis, Barack Obama a insisté sur l’engament historique d’Edward Kennedy, un ardent défenseur des droits civiques « the civil right act », l’ensemble de lois qui mirent fin à la discrimination en 1964. Le lion du sénat a été d’un apport décisif à l’élection du sénateur Obama, en l’adoubant pendant la course des primaires, il en fait le premier président noir des USA. Après avoir passé 45 ans au sénat, et fait voter plus de 15 000 projets et textes de lois, le vieux lion a rejoint au cimetière d’Arlington ses frères assassinés, et mis un point final à la saga de la famille royale de l’Amérique. Aux générations futures de se souvenir de cet homme qui a lutté corps et âme pour redonner de la dignité aux autres, en dépit des vicissitudes de la vie, des difficultés et des drames qu’il a vécus. Ted Kennedy a réalisé le rêve des Kennedy, une société égalitaire, plus humaine et respectueuse des autres cultures, le mérité de cette noble famille est d’avoir changé le visage de l’Amérique et d’avoir fait élire un black à la maison blanche. Sacré Ted, repose en paix, c’est en ces quelques lignes que je me permets de te rendre un vibrant hommage. Nous, nous nous souviendrons des Kennedy, comme des héros et des mythes des temps modernes. Et c’est cette force incroyable qui nous anime pour orienter l’Afrique sur la voie du changement, du progrès social et du développement durable! Ravel Thombet Cap sur le changement. Rédacteur en chef du blog et du site http://nouvelleafrique.com Manager Commercial BPO Placements Tel : 00242 624 23 18 Courriel : thomrav79@yahoo.fr