Accidents graves, crashs, erreurs de pilotage hallucinantes, problèmes techniques notoires, le ciel congolais est devenu une véritable source d'incendie et de larmes. 

Les causes de ces crashs aériens ne sont pas dues aux seuls facteurs météorologiques,  celui du 26 Novembre, sous un orage foudroyant ne serait pas à imputer à dame nature, attention,  il y a un véritable problème au Congo, à savoir le non respect de la réglementation aérienne, c'est l'une des premières causes; les aéroports dans les villes ou proches des zones à forte concentration urbaine (les aéroports de Pointe-Noire et de Brazzaville devaient être délocalisés), la formation insuffisante des équipages, incompétence de l'encadrement, pression sur les pilotes, économies réalisées sur la maintenance, la sous évaluation des risques météo : tous ces facteurs relèvent de choix opérationnels. Dans la majorité des cas, on se rend compte qu'ils auraient pu être évités. 

 crash_cargo_brazzaFace aux crashs d’avions qui deviennent récurrents ces derniers temps au Congo, je me permets de crier haro sur ces cercueils volants venant de l'ex URSS qui arpentent le ciel congolais, ma démarche ne s’inscrit  pas dans l’accusation de qui ce soit, et je ne me lance pas dans une diatribe populiste, mais je pense qu’il faut être responsable et solder enfin cette situation qui perdure et devient inquiétante. Le gouvernement congolais  a une responsabilité énorme  dans ces crashs, mon rôle n'est pas de jeter  l’anathème sur qui que ce soit, mais inciter le gouvernement à revoir ses politiques en matière de sécurité aéroportuaire, en matière de réglémentation aérienne, à uniformiser ses solutions, qui passent par une réforme de notre système aéroportuaire. Les crashs aériens  rappelant l’état transgressif de toute activité aéronautique, le gouvernement est dans l’obligation de définir les risques ainsi courus, afin de prévenir, d’anticiper et circonscrire tous les dangers potentiels.

Les véritables politiques gouvernementales en la matière ne se limitent pas à cette prudence en amont de l’accident ; elles doivent aussi faire face, en aval de la catastrophe, à ses conséquences, tant pour assumer la déchirure qu’elle représente, que pour comprendre l’enchaînement des causes qui l’ont rendue possible, afin de les endiguer à l’avenir.

Le drame du 26 novembre dernier à Brazzaville rappelle étrangement celui du 21 Mars 2011 à Pointe-Noire, ces situations on pouvait les éviter.  Face à une telle situation de catastrophe aérienne le  gouvernement congolais devait prendre des mesures urgentes, au-delà de la prévention des crashs aériens,  des procédures réelles d’assistance aux victimes du crash, la diligence de façon systématique d’une enquête pour comprendre les causes du crash, définir les différentes responsabilités(propriétaire de l’avion, ANAC, Ministère des transports, assureurs, pouvoirs publics…) et permettre ensuite la prise des mesures adéquates, pour que cela ne se reproduise plus.

De façon non officielle, nous avons appris que ce cargo venait d’Arménie, une compagnie arménienne qui l’aurait loué à la compagnie congolaise Aéro-services, les révélations sur la nature de cet avion sont accablantes, il semblerait que l’avion n’était plus assuré, que l’appareil  n’avait jamais passé de contrôle technique, condition requise à la souscription d’une assurance, des faits très graves qui mettent en lumière des mécanismes frauduleux d’obtention des permis d’exploitation aérienne au Congo. Maintenance, Assurance, audit, trois mots indissociables et combien importants. Ainsi donc le Ministère des transports et l’ANAC, devaient  communiquer sur les certifications et les assurances de tous les avions autorisés à décoller au Congo,  ce qui est fondamentale.

Pour cela, il faut prévenir les accidents, réformer complètements notre système aéroportuaire et notre réglementation aérienne, il faut les standardiser en tenant compte des normes internationales en la matière : ce qu’on appelle par politique de normalisation internationale. En cas d’accident, de mettre en place un plan d’urgence fiable (on a vu les limites lors du drame du 4 mars derniers), un plan de secours efficient, rapide et efficace, optimiser l’organisation, les procédures, instructions de travail et les ressources de façon à accroître la performance en matière de surêté, sécurité et qualité, exploiter un aéroport ...dans un environnement et un système s'intégrant aux règlements internationaux en vue de maîtriser la sûreté, accroître la sécurité, prévenir, maîtriser, traiter les risques. Former et qualifier ses personnels, être en conformité avec l’agrément international en la matière....

Je me disais que le gouvernement allait délocaliser l'aéroport de Pointe-Noire par exemple, en le déplacement hors de la ville, cet aéroport se situe dans une zone à forte concentration urbaine, comme celui de Brazzaville, c'est une poudrière qui sommeille, je n'imagine même pas une seconde le pire, parce que ça serait effroyable.

 Face à ce drame qui nous frappe tous, cette avec toute l'émotion que j’adresse mes condoléances aux familles des victimes, je demande au gouvernement congolais d’assumer  pleinement sa responsabilité, que les autres répondent de leurs responsabilités:  le transporteur, l’affréteur, l'ANAC, le Ministère des transports... (convention de Varsovie Chap 3. art 17), que les pouvoirs publics diligentent une enquête de responsabilités, une enquête technique, qu'ils déterminent la responsabilité pénale à tous les étapes, de la prise en charge des victimes au dédommagement (convention de Montréal du 28 mai 1999), à la prévention des crashs.

 

Ravel THOMBET

Cap sur le Changement