En Hommage à Nos héroïnes : Diane, Marie Pauline et Princia.

 

Il était 22h, en cette magnifique nuit printanière, un soir insoupçonnable, insondable, un ciel étoilé et très paisible couvrait Marrakech, un soir dont on ne peut se douter de rien, il faisait beau en cette nuit où le temps se radoucis, et on assiste à la floraison des plantes.

Rabos

Ce soir là, une trentaine d’étudiants congolais assistaient aux répétitions de leur Journée culturelle, la fête du Congo qui, devait se tenir au majestueux théâtre royal de Marrakech. Cette rencontre d’étudiants congolais sur le sol marocain est l’occasion pour ceux-ci de débattre des questions d’actualité, des questions sur le développement économique et social du Congo, et de l’Afrique en général, de valoriser le patrimoine culturel et artistique congolais et aussi du continent Africain et de faciliter l’intégration et des échanges avec des étudiants africains dans leur ensemble

sur le sol marocain.

Ce Lundi 03 Mars 2008, pouvait être un jour comme les autres, mais sa particularité était t-elle que les étudiants venaient des quatre coins du Maroc, de France, d’Espagne, du Sénégal et d'Algérie, pour célébrer le Congo dans toute sa diversité, dans son ensemble le 10 Mars 2008 à Marrakech. Mais très vite la paisible communauté congolaise de Marrakech va se retrouver face à la plus délicate des situations, l’épée de Damoclès va transpercer les cœurs et emporter des vies, la nature se chargeait ce soir là d'inscrire trois remarquables dames au panthéon de la mémoire collective.

Il est 22h30, les étudiants finissaient les répétions, exténués, recrus de fatigue, ils sont devant le portail de la faculté des sciences de Marrakech, Semlalia, pendant qu’ils attendaient pour certains des taxis afin de rentrer chez eux, c’est à ce moment qu’un impénitent chauffard fonçait sa voiture sur une dizaine d'étudiants qui se tenaient devant le portail de la faculté des sciences. On restait dubitatif face à ce qui vient de se passer sous nos yeux, affolés, brisés, les étudiants se pressaient sur les leurs qui gisaient sur la chaussée maculée de sang. une incompréhension totale envahissait les étudiants devant un tel acte barbare et sauvage. Le chauffard scélérat restait au volant de sa voiture, puis prit la fuite, protégé par une horde de ses compatriotes, était-ce un acte raciste, prémédité? On ne le saura jamais, Personne ne le su d'ailleurs, vu qu'aucune procédure judiciaire n'eut été engagée.

 

Dans cette nuit infernale, l'émotion était diffuse, l’incompréhension gagnait les esprits, dans cette cohue de cris et de pleures, les larmes des étudiants congolais se joignaient à celles des autres étudiants africains qui rejoignaient les lieux du drame, ils étaient dans une affliction immense.

Dans sa conduite scélérate et macabre, l’irréparable s’était produit, et loin sans faut, l’acte est-il irrémissible ? Seuls les cœurs savent.

 

Ce soir là, deux jeunes étudiantes mourraient dans la violence de cet acte criminel, barbare, lâche et irresponsable, Mlle Marie-Pauline Olandzobo le crâne fracassé, et Mlle Diane Mbama le visage bouffi. La troisième vicime gravement blessée Mlle Princia Okouéké mourut de ses blessures 21 jours plus tard. Les autres blessés se retrouvaient en soin à l'hôpital de Marrakech.

 

Face à l'inertie totale et incroyable des autorités congolaises à Marrakech, nous prîmes la lourde responsabilité de dénoncer cet acte délictueux, immode et criminel, nous alertâmes les médias locaux et internationaux, et décidèrent d'organiser une marche silencieuse de commémoration, où nous mobilisâmes plus de 2000 étudiants à travers la ville ocre. Je dis bien plus de 2000 étudiants mobilisés avec une rose en main, à travers les rues de Marrakech.

 

J'étais un des leaders de cette initiative pacifique, en compagnie de quelques étudiants africains, le Forum des Jeunes Leaders. Nous fûmes reçus par le maire de Marrakech et les autorités compétentes de la région de Marrakech. Puis nous décidâmes d'organiser la journée de commémoration en hommage aux trois étudiantes congolaises décédées, journée financée en partie par la Wilaya de Marrakech, la journée eut lieu en Avril 2008 à l’imposant théâtre royal de Marrakech en présence des autorités marocaines, et de quelques diplomates présents à Marrakech.

 

Au moment où je rédige cet article, mes pensées vont  vers toutes les victimes de l'intolérance, des injustices et de la barbarie.

je ne cesserai de persifler contre les impunités, les injustices sociales, les violences ethniques, religieuses, culturelles, la barbarie, la xénophobie et sur les antivaleurs, je voudrais aussi dire aux familles des trois filles décédées que leurs filles sont inscrites à jamais dans la mémoire collective, c’est pourquoi aujourd’hui je me charge de leur rendre hommage de la plus noble des manières, en leur offrant cet article, parce que nous sommes les dépositaires de l’histoire exceptionnelle de ces trois héroïnes, et j’espère que la communauté congolaise de marrakech, à la veille de leur journée culturelle se chargera d’honorer leurs mémoires. Chaque mois de Mars, je me chargerai de rendre un hommage appuyé à ces 3 héroïnes.

Que l’histoire se souvienne toujours de vous.

 

Ravel  THOMBET

Président du Forum des Jeunes Leaders

Secrétaire Exécutif du Mouvement CAP SUR LE CHANGEMENT